[BG-2] Mille et une histoires -10-
Aredhel avait du mal à garder son calme. Depuis sa rupture avec Brekilien les choses n'avaient pas tellement avancé mais elle tenait enfin une piste. Dans d'autres lieux elle avait entendu bien des histoires au sujet de Bruine, et elle était tiraillée entre le désir d'en finir avec elle rapidement, et la peur de se confronter à un pouvoir qui la dépasserait probablement. Si Bruine l'avait toujours… L'elfe sauvage fut choquée quand elle remarqua que les Qeynosiens avaient pratiquement oublié l'existence de leur héroïne. Un instant elle eut même la sensation de comprendre un peu mieux sa fille, car elle aussi se sentait hors de cette époque. Toutes deux appartenaient à un autre âge. Même les elfes semblaient avoir oublié l'histoire.
Pourtant Aredhel souvenait de tout. Elle se remémora alors avec exactitude ce qui l'avait amenée là, les choix qu'elle avait dû faire, la passion qui l'avait animée et puis l'amertume et la haine qui l'avaient aidée ensuite à tout supporter. Puis elle fit comme elle avait l'habitude, elle chassa ses pensées inutiles de son esprit, fit taire la douleur qu'elle sentait poindre dans sa poitrine, et se remit en marche.
L'affaire devenait intéressante. Elle était parvenue à savoir qui fournissait Bruine en papier, et dans l'échoppe de ce nain imbécile elle avait tout de suite remarqué le bocal qui contenait ce que Bruine viendrait chercher rapidement : ces herbes mélangées qui, infusées avec une écorce particulière, permettaient d'atténuer les plus grandes douleurs, malgré d'autres effets néfastes et dangereux… Elle n'avait plus qu'à attendre.
Depuis elle surveillait personnellement la boutique de ce Ogrebane. La nuit tombante, elle entrait, en face, dans l'appartement d'un couple de kerra qu'elle avait soudoyé. Depuis leur balcon, elle pouvait à loisir surveiller les allées et venues.
Et ce soir là fut son soir de chance. Elle se mettait en place quand elle vit sa fille pénétrer dans la boutique. Bruine en ressortit quelques minutes plus tard. Aredhel était déjà redescendue et se mit à la suivre. Bruine longea les murs tâchant de rester dans la pénombre. Aredhel pressa le pas silencieusement, et dès qu'elle fut à hauteur, elle sauta sur la rôdeuse pour la pousser contre un mur dans l'ombre d'une porte cochère.
Surprise, Bruine ne pu esquiver le premier coup de dague. Sa mère essaya de l'immobiliser, mais ses réflexes de combats reprirent le dessus, et elle se dégagea en feintant de tomber au sol. Elle fit une roulade et se rétablit rapidement sur ses jambes. Bruine sortit une dague de sa botte. Les deux femmes se regardèrent un instant, face à face, prêtes à bondir pour fendre ou pour feinter.
Aredhel ne pouvait pas courir le risque de laisser sa fille incanter, elle se jeta sur elle la première, visant le cœur. Bruine para la lame en empoignant l'avant bras de sa mère, mais ne put empêcher le choc. Aredhel se récupéra sur elle. Les deux femmes roulèrent au sol. Bruine ne parvint pas à repousser sa mère, pourtant bien moins lourde qu'elle, et se retrouva rapidement couchée sur le dos sans pouvoir bouger. Sa blessure au flanc lui faisait un peu mal.
La Fierd'Al, assise sur sa proie, se rendit soudain compte de son état. Bruine soufflait et suait. Malgré la pression des mains de sa mère, ses bras tremblaient légèrement. Elle était visiblement en manque.
Aredhel eut un sourire, et maintenant Bruine au sol, elle fit jouer un instant sa lame sur la joue de sa fille.
- Petite pimbêche, voici l'heure de ta mort venue dirait-on.
Pourtant Aredhel souvenait de tout. Elle se remémora alors avec exactitude ce qui l'avait amenée là, les choix qu'elle avait dû faire, la passion qui l'avait animée et puis l'amertume et la haine qui l'avaient aidée ensuite à tout supporter. Puis elle fit comme elle avait l'habitude, elle chassa ses pensées inutiles de son esprit, fit taire la douleur qu'elle sentait poindre dans sa poitrine, et se remit en marche.
L'affaire devenait intéressante. Elle était parvenue à savoir qui fournissait Bruine en papier, et dans l'échoppe de ce nain imbécile elle avait tout de suite remarqué le bocal qui contenait ce que Bruine viendrait chercher rapidement : ces herbes mélangées qui, infusées avec une écorce particulière, permettaient d'atténuer les plus grandes douleurs, malgré d'autres effets néfastes et dangereux… Elle n'avait plus qu'à attendre.
Depuis elle surveillait personnellement la boutique de ce Ogrebane. La nuit tombante, elle entrait, en face, dans l'appartement d'un couple de kerra qu'elle avait soudoyé. Depuis leur balcon, elle pouvait à loisir surveiller les allées et venues.
Et ce soir là fut son soir de chance. Elle se mettait en place quand elle vit sa fille pénétrer dans la boutique. Bruine en ressortit quelques minutes plus tard. Aredhel était déjà redescendue et se mit à la suivre. Bruine longea les murs tâchant de rester dans la pénombre. Aredhel pressa le pas silencieusement, et dès qu'elle fut à hauteur, elle sauta sur la rôdeuse pour la pousser contre un mur dans l'ombre d'une porte cochère.
Surprise, Bruine ne pu esquiver le premier coup de dague. Sa mère essaya de l'immobiliser, mais ses réflexes de combats reprirent le dessus, et elle se dégagea en feintant de tomber au sol. Elle fit une roulade et se rétablit rapidement sur ses jambes. Bruine sortit une dague de sa botte. Les deux femmes se regardèrent un instant, face à face, prêtes à bondir pour fendre ou pour feinter.
Aredhel ne pouvait pas courir le risque de laisser sa fille incanter, elle se jeta sur elle la première, visant le cœur. Bruine para la lame en empoignant l'avant bras de sa mère, mais ne put empêcher le choc. Aredhel se récupéra sur elle. Les deux femmes roulèrent au sol. Bruine ne parvint pas à repousser sa mère, pourtant bien moins lourde qu'elle, et se retrouva rapidement couchée sur le dos sans pouvoir bouger. Sa blessure au flanc lui faisait un peu mal.
La Fierd'Al, assise sur sa proie, se rendit soudain compte de son état. Bruine soufflait et suait. Malgré la pression des mains de sa mère, ses bras tremblaient légèrement. Elle était visiblement en manque.
Aredhel eut un sourire, et maintenant Bruine au sol, elle fit jouer un instant sa lame sur la joue de sa fille.
- Petite pimbêche, voici l'heure de ta mort venue dirait-on.





