22 novembre 2004

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merci à Brekilien pour cette image qui sert à m'identifier sur les forums...

16 novembre 2004

[BG-2] Mille et une histoires -3-

Aredhel se rendit dans le hall auprès de Yeoni immédiatement. Quand elle parvint à sa hauteur, la tenancière fit crier après un médecin pour qu'on prit soin de sa main. Elle n'eut de cesse, tout en babillant bruyamment, qu'Aredhel accepte une chambre pour se reposer le temps qu'elle se rétablisse complètement de cette vilaine blessure. Aredhel se retrouva allongée sur un fauteuil confortable dans une des plus belles chambres de l'auberge sans qu'elle ait pu dire ouf, un repas sur une table l'attendait tandis qu'un druide se penchait sur sa main pour la soigner.
- Par les dieux c'est une catastrophe ! s'exclamait Yeoni, faut il que je fasse venir les gens d'armes pour faire arrêter cette folle ? Elle mérite d'être jetée au cachot si vous voulez mon avis !
- Qu'arrivera-t-il à ses biens si on la met en prison ? demanda l'Elfe sylvestre, tandis que le docte s'affairait à bander sa main.
- Eh bien il y a fort à parier qu'ils seront confisqués ! Et je peux faire un croix sur mon argent je crois. Répondit Yeoni d'un air désolé.
- Voilà Madame, intervint le médecin. Vous ne devriez pas sentir de douleur bien longtemps. Si la magie fait effet rapidement il n'en reste pas moins qu'une blessure de cette gravité doit être traitée avec sérieux. Vous pourrez enlever le bandage demain quand l'onguent aura été entièrement absorbé par la peau.
- D'ici là évitez tout de même de vous agiter, continua-t-il en rangeant ses affaires.
Yeoni le regardait d'un air entendu, lui tint la porte pour le laisser partir.
- Au revoir mesdames, et bonne chance pour la suite.

Aredhel se leva d'un air las et fit mine de réfléchir intensément. Puis elle tendit une bourse pleine à Yeoni en souriant tristement.
- Je ne souhaite pas que l'on jette ma fille en prison, prenez cet argent pour couvrir les frais de son séjour et du mien. Je vais rester ici pour tenter de la raisonner.
Yeoni s'empourpra mais accepta prestement l'argent qu'on lui tendait.
- C'est votre fille ? Je ne l'ai pas bien vue mais je trouve qu'elle ne vous ressemble guère. Vous êtes une Dame si ... belle. Et ses manières à elle sont si frustres. C'est à peine croyable !
- Il est vrai, Dame Yeoni, répondit Aredhel. Mais elle a été très perturbée par le Cataclysme, plus qu'aucun de nous. Soyons indulgentes envers elle et aidons là à retrouver le chemin de la raison voulez-vous ?
- Vous êtes une bonne mère, ma Dame, et je vous aiderai de tout mon cœur. Répondit Yeoni, subjuguée par le dernier battement de cils de son interlocutrice.

Aredhel se tourna vers la fenêtre pour réprimer un sourire de satisfaction, et simula un bâillement discret. Puis elle s'adressa de nouveau à l'aubergiste.
- Je me sens très lasse tout à coup. Laissez moi maintenant je vous prie.
Yeoni ne put s'empêcher de faire la révérence à cette Dame aux si belles manières, puis elle quitta la chambre en silence.

Enfin seule ! Pensa Aredhel.
Elle s'installa à table et mangea son repas sans y penser, toute concentrée sur la stratégie qu'elle devrait adopter dans les prochains jours. Il lui était dorénavant impossible d'affronter Bruine directement. Donc elle devrait trouver quelqu'un en qui elle a confiance pour l'approcher et ainsi obtenir ce qu'elle convoite depuis plusieurs siècles.
La patience paie toujours.

Non elles ne se ressemblaient vraiment pas. Et alors même que Bruine l'avait accueillie chez elle, tandis qu'elle ne connaissait encore rien de sa mère, elles avaient eu toutes les peines du monde à s'entendre.

05 novembre 2004

[BG-2] Mille et une histoires -2-

Yeoni, propriétaire de l'auberge de Bois de Saules monta la première à l'étage pour guider la visiteuse. Elle se faisait beaucoup de souci pour la "mystérieuse pensionnaire" comme on l'appelait déjà dans le village. Voilà plusieurs mois que le demie-elfe est arrivée, et elle n'a quitté sa chambre que trois ou quatre fois, et toujours à la nuit tombée. Devant la porte, Yeoni se retourne et avant de laisser entrer la Dame elle dit :
- Elle mange à peine. Elle passe son temps enfermée dans le noir. Parfois elle parle à voix haute je peux l'entendre depuis le couloir. Elle a refusé de voir le médecin que je lui ai envoyé à deux reprises. Elle s'est fait livrer des rames entières de papier, pour rire en ville on dit qu'elle s'en nourrit. Moi je ne sais pas ce qu'elle en fait vraiment, mais je suis bien contente que quelqu'un vienne enfin lui rendre visite. Pour sûr, elle fait un peu peur quand même, on pourrait croire à un fantôme.
Tout en parlant elle dévisagea la visiteuse de pied en cape. La Dame avait assurément beaucoup d'argent et des manières très nobles
Ne sachant pas qu'ajouter à son rapport, Yeoni ouvrit la porte et laissa pénétrer la visiteuse dans la chambre.

Comme la porte se refermait, une forme humanoïde émergea d'un coin de la pièce à l'opposé de la porte, tandis que la visiteuse faisait quelques pas pour s'avancer. Toutes deux pouvaient voir suffisamment malgré le peu de lumière. La visiteuse fit le tour de la pièce des yeux d'un air dégoûté. Elle enleva ses gants d'un geste gracieux et fit tombé sa capuche.

- Hors de ma vue, sale garce !
Yeoni, l'oreille collée à la porte n'entendit rien pendant quelques instants, puis elle sursauta vivement alors que sa pensionnaire hurlait comme une damnée. Le rouge aux joues et encore sous la surprise, elle se précipita pour rejoindre le hall afin qu'on ne la surprit pas en train d'espionner ses clients.

La visiteuse eu un petit sourire narquois.
- Bonjour aussi, je suis contente de te revoir. Je n'étais pas sûre que tu aies survécu au grand cataclysme.
L'ombre se déplaça vers le lit et la visiteuse pu voir briller une lame que l'on sortait de son fourreau.
- Tu vas sortir de ma chambre et partir loin d'ici, sinon par tous les dieux je jure de te tuer. Et cette fois ma main ne tremblera pas.

La visiteuse défit sa cape en silence prenant bien soin de ralentir le moindre de ses mouvements. Elle devinait sur elle le regard haineux de son interlocutrice et s'amusait à user sa patience. Elle s'assit sur la chaise devant la table et dit, tout en feuilletant, sans y porter attention, les manuscrits posés là :
- Tu pourrais au moins me montrer le respect d'une fille à sa mère, Bruine. Je n'ai pas fait tout ce chemin pour te retrouver uniquement pour entendre tes jérémiades. Je veux la Larme. Tu me la donne et je disparais.

La lame jaillit et se ficha dans la main d'Aredhel, la clouant sur la table. Le sang coula et les parchemins se gorgèrent du liquide aussitôt.
- Sors d'ici créature impie, fit la demie-elfe, ou cette fois je te crève pour de bon.

L'Elfe se mordit les lèvres pour ne pas montrer sa douleur, elle arracha la dague de sa main sans un mot, peut être était elle allée trop loin cette fois. Elle sortit de la pièce sans échanger un autre regard avec sa fille. Elle trouverait un autre moyen.

[BG-2] Mille et une histoires -1-

Il fait sombre, la pièce est à peine éclairée et les volets sont clos depuis des jours. Quelques bougies finissent de se consumer sur la table. Le lit n'est même pas vraiment défait. Dans un coin le plateau de repas du jour attend que l'on s'intéresse à lui depuis des heures. Le sol est jonché de feuilles de papier pour la plupart noircies d'une écriture austère et irrégulière. Sous la table, assise en tailleur, les cheveux défaits et le dos courbé, elle écrit. Sans s'arrêter, elle écrit.
Frénétiquement.

Des décennies de lecture, de recherche et de collecte des écrits de toutes les races. Envolées. Perdues à jamais. Englouties dans la faille avec la maison qu'elle s'était construite.

Evanouie aussi la flamme qu'elle portait sans l'avoir su.
Brûlée, sa forêt. Disparue, son île.

Perdue, son âme.

La peur s'est logée dans son cœur.